Ce soir, vous assisterez en un peu plus d’une heure à l’intégrale de Molière.
Ou non.
C’est vrai, Molière, toute sa vie, a écrit sur les mœurs de son temps avec les mots (affutés) de son époque. Plutôt que de parodier mollement l’insolence et le brio de son théâtre en le rejouant dans cette langue qui nous est devenue étrangère, marchons dans ses pas engagés ! Ecrivons ! Notre langue est le reflet de notre époque, de nos cultures, de notre histoire, de nos mythes modernes. Faisons-la danser !
Pour ce « concert de théâtre », nos toiles peintes seront des projections ; nos chandeliers, des projecteurs ; nos orchestres tiendront dans nos guitares électriques ; nos unités de lieu, de temps, d’action, seront des multitudes ; notre langue sera celle d’aujourd’hui.
Si nous sommes réunis ce soir, acteurs et spectateurs, c’est pour nous raconter, c’est pour nous rencontrer, nous approprier le présent en réinventant, ensemble, cette parole commune qui est l’essence du théâtre.






